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Brèves De l'hosto

Vagues à l’âme

https://www.youtube.com/watch?v=6ZKZrmW2GeI

1- La première vague on se l’ait pris dans la gueule. D’abord dans le Wuhan. Puis en Iran. Puis en Italie. En France et en Espagne, aux Etats unis. C’est à dire des personnes consultant tard pour des détresses respiratoires aigues et des troubles métaboliques divers décédant rapidement à leur arrivée devant des soignants en plein désarroi et non équipés. Le manque de personnel a exacerbé la surcharge de travail et de prise en charge nécessitant des connaissances en réanimation et infectiologie, cardiopathie vasculaire et neurologie, du matériel des respirateurs au produits d’induction, et autres machines (ECMO) et protocoles qui prouvèrent leur efficacité assez rapidement.

Ce n’était pas une vague, c’est ce qu’on appelle la diffusion d’un organisme viral au niveau mondial. A chaque épidémie correspond des expansions du commerce mondial. A chaque fois il y a un temps de compréhension des mécanismes de propagation, vie et mort du virus qui est nécessaire. Dans l’urgence des cas, le service hospitalier fait avec ce qu’il a. Le nombre de décès fulgurants resteront comme une cicatrice pour beaucoup d’internes, étudiantes infirmiers, aides soignants, infirmieres et séniors, et les familles.

2-Ce qui restera aussi c’est qu’au nom de la deuxième vague, les stocks de masques furent gardés de côté pendant qu’un besoin urgent était clairement identifié.

Que des services entiers de chirurgie et médecine furent mis à l’arrêt dans des zones où le plan blanc fut déclaré sans aucun cas. Huit infirmières tout habillées pour un patient par jour. A découvrir l’ennui. Meme inscrites à l’ap-hp comme réserviste à Paris, on leur indiquait qu’elles ne seraient pas utiles. Plusieurs attendent encore d’être appelée. En gros, les cadres ne savent pas trop quoi faire. Nous n’avons jamais été si nombreuses en service. Tant mieux. En fait c’est mieux pour tout le monde. Mais on est pas habitué. Les deux premières semaines de Mars ont été terribles, maintenant tout le monde est fatigué, déboussolé, et les services complètement désorganisés.

3- Ce qui vient, n’est pas une vague. Des gens n’ont pas de soins depuis plus d’un mois de peur de choper le Covid, parce qu’il ne faut pas sortir, parce que toutes les interventions sont annulées, parce qu’il n’y a plus de propofol, parce que les infirmières de bloc  ont toutes été réquisitionnés parce qu’il n’y a pas assez de formation pour les infirmiers généraux pour se qualifier en réanimation rapidement.

Au lieu de kinder, nous avons besoin de formation, de temps d’analyses. Et d’aller voir des vraies vagues, la mer et l’horizon. Que les plages cessent d’être sous contrôles des drones et des policiers en patrouilles. Qu’elles cessent d’être le privilège des citadins et des classes aisées qui purent s’extraire si vite dans leurs maisons secondaires. Pour rappel, ce sont les personnes les plus pauvres qui furent le plus touchées.